YVES REVILLON : Le Maire des promoteurs

Lors du Conseil Municipal du 8 Juillet dernier, la requalification de l’avenue d’Argenteuil (qui inclut l’expropriation de dizaines de personnes) était à l’ordre du jour.

Isabelle DAHAN est intervenue sur cette délibération  dans les termes suivants :

Votre projet de « requalification » de l’avenue d’Argenteuil repose sur la « résorption du bâti insalubre et vétuste », ce qui ne concerne nullement les parcelles concernées par la présente résolution.

Du reste, le commissaire enquêteur avait lui-même relevé les points suivants :

« Lorsque je me suis rendu le 3 Novembre 2010 sur le lieu du périmètre du projet, préalablement à l’ouverture de l’enquête publique, j’ai été surpris de la qualité de certaines habitations vouées à être démantelées !

C’est de façon assez flagrante le cas de la propriété sis au 211 Avenue d’Argenteuil et dans une autre mesure celles du 215 et 217 de la même avenue ainsi que celle du 19 Avenue des Chambards.

Il serait vraiment dommage qu’un tel pavillon, datant de 1900, et en apparence en bon état de conservation, soit ainsi sacrifié.

Il me semble nécessaire de devoir préserver certaines habitations en place (celles précitées) qui ne correspondent manifestement pas à des habitats insalubres ou indignes« .

et :

« Il me paraît nécessaire et indispensable de devoir rénover le secteur Uapm et de créer de nouveaux logements en densifiant autant que possible mais dans la limite du bon sens, sans que ceci soit fait au détriment du patrimoine architectural du secteur concerné et de la qualité du bâti existant.

Or justement, je suis persuadé qu’il serait incohérent d’inclure dans le périmètre d’expropriation les 5 parcelles F 175, F 303, F 304, F 179 et F 181, celles-ci se révélant être des bâtiments de bonne (voire excellente) qualité avec pour l’une d’entre elles (F 175) un atout architectural indéniable en comparaison avec d’autres bâtisses du même type sur la commune de BC (répertoriées dans l’inventaire du patrimoine culturel d’Ile de France« .

Et il avait donc émis un avis favorable à l’enquête parcellaire assortie de la réserve suivante (et il est extrêmement rare qu’un commissaire enquêteur demande le retrait de certaines parcelles) :

« Comme cela a été détaillé et argumenté lors de l’analyse des observations de l’enquête publique parcellaire, je demande de limiter le périmètre originel du projet, en y excluant les propriétés situées entre le 211 et 217 de l’avenue d’Argenteuil, ainsi que les propriétés situées au 19 et 19bis avenue des Chambards, celles-ci faisant corps avec le 215 de l’avenue d’Argenteuil.

Il s’agit expressément des 5 parcelles F 175, F 303, F 304, F 179 et F 181« .

Vous êtes passé outre, manifestant ainsi votre négation de l’avis d’une personne extérieure et neutre mais également votre indifférence à l’égard de vos concitoyens qui font l’objet de procédures d’expropriation.

Le droit de propriété est le droit le plus protégé en France parce qu’il est l’un des plus importants.

Et vous, parce que vous avez décidé de marquer de votre empreinte l’esthétique de la ville (car en l’espèce il s’agit d’esthétique immobilière sous le couvert de remédier à de l’habitat insalubre), vous utilisez les seuls moyens légaux qui existent pour réduire à néant la vie de plusieurs dizaines de personnes en l’espèce (et il y en a plusieurs centaines pour la ZAC PLM).

Je n’ai pas peur des mots et j’insiste : « réduire à néant »…

Parce qu’en expropriant, vous obligez des personnes à renoncer à leur maison, qu’ils ont passé des années à embellir (l’un des permis a été délivré, pour l’une des parcelles, en 2000…).

En expropriant, vous obligez des personnes à s’éloigner de leur famille, de leurs amis. Vous obligez des enfants à changer d’environnement, d’école, d’amis.

Manifestement, l’aspect humain vous importe peu. Je l’ai déjà dit et je le dirai tout le temps pendant lequel dureront ces opérations immobilières qui vous illustrent comme étant le Maire des promoteurs et non pas le Maire des bois-colombiens.

Vous auriez pu préempter les terrains du 2 Rue Charles Chefson (en vente en même temps que le lancement de la DUP). Cela aurait coûté moins cher et aurait évité les conséquences humaines que je viens de dénoncer.

Et sachez également que, contrairement à ce que vous écrivez dans votre Note de synthèse, les propriétaires concernés n’ont, pour la majeure partie d’entre eux, jamais été « approchés amiablement » par l’EPF.

Enfin, nous nous interrogeons : la réserve portait sur les parcelles 175, 179, 181, 303 et 304. Or la parcelle 175 n’est pas évoquée dans la délibération sur l’arrêté de cessibilité : Y aurait-il un traitement différent selon les propriétaires ?